jeudi 1 mars 2018

Le Mental, Notre Allié!

Combien de fois avez-vous entendu dans la communauté spirituelle que votre mental était un gros emmerdeur qui sabotait toute votre évolution ? Qu’il bloquait la vérité censée résider uniquement dans votre cœur ? Que toutes ces idées et pensées qui émergeaient de votre ciboulot étaient véritablement les ennemies de la seule énergie qui compte vraiment : l’amour. En gros, que votre mental était mauvais et que votre cœur était bon…

N’en avez-vous pas marre qu’on vous intime d’être un gros bisounours décérébré ? A qui profite le fait que nous cessions de penser pour juste émettre des cœurs roses et duveteux ?


Le 3 d’épées est pour moi une explosion du mental qui perce les inconstances du cœur. Il ressort souvent pour des bonnes nouvelles chez moi, comme des signatures de contrat ou des officialisations diverses. (Carte extraite du Druidcraft Tarot - Tarot des Druides en Français)

Une Réputation à Refaire

Il suffit de voir les interprétations habituelles de la suite des épées dans le tarot pour comprendre le malaise que notre communauté a avec le mental. Mieux vaut être une personne « coupes » qu’une personne « épées » ? Tout comme il est mal vu d’être trop intelligent. Certains sujets sont tabous. Impossible pour un surdoué de parler de douance avec un normo-pensant car dans « je suis surdoué », il entend « tu es bête ». Les bons élèves, à l’école, n’étaient pas vraiment les personnes les plus populaires. Pourquoi ?

Un Conditionnement Sociétal

Selon moi, il y a un parallèle. Un mécanisme inconscient qui encourage à être gentil, bon, ouvert et qui interdit d’être incisif, analytique et brillant. Quand l’autre n’est que dans le cœur, il pourra donner, donner, donner. Nous pourrons lui prendre et lui prendre et lui prendre. Dès qu’il commence à trop réfléchir, on risque de se bouffer des refus à tout va. Un être au mental fort est un être qui a une conscience bien plus individuelle que collective et c’est donc quelqu’un dont on obtient moins de choses, qui fait le tri, qui a de la réserve. C’est chiant quand on veut obtenir facilement quelque chose de cette fameuse personne… Et dans un système comme celui dans lequel nous vivons où la compétition est la norme, un être trop intelligent et au mental trop fort à notre goût sera vécu comme une mise à mort de notre propre intelligence puisque le patriarcat procède par élimination pour réussir et non par addition des compétences et talents.

Une Culture de la Médiocrité

Si une personne a une qualité, ce n’est généralement pas vécu comme inspirant ou boostant mais plutôt menaçant et dévalorisant. C’est ancré depuis le berceau. Les gosses trop brillants se font harceler alors que l’on acclame les cancres. C’est symptomatique d’une société dont les produits (les gens) ont une confiance morbide en eux-mêmes. Une société qui vous forme à vous sentir médiocres pour mieux vous entasser dans ce jeu de la compétition et de la sélection. Quand le message est « Il n’y en aura pas pour tout le monde », on a tout intérêt à avoir affaire à un autre qui est gentil plutôt qu’intelligent.

Fichtre ! La communauté spirituelle jouerait donc le jeu de la société ? Peut-être. Inconsciemment.

Haut le Mental !

Le mental n’est pas votre ennemi. Il est celui qui vous aide à survivre. Il place des limites saines autour de ce fameux cœur plein d’amour. Il mène votre barque avec habileté, il vous aide à faire les bons choix. Il vous connecte à votre discernement. Il vous évite les pièges. Il vous donne la force de surmonter les épreuves. Il vous permet de pondre des projets intéressants et passionnants. Il vous connecte aux autres. Oui, oui ! En vous offrant des conversations stimulantes. En n’accueillant que les personnes qui sauront vous respecter et échanger en bonne intelligence avec vous.

Le mental est le meilleur ami de notre cœur. Comme toute chose, il a un aspect ombre et un aspect lumière. A s’acharner à ne pas vouloir ni le reconnaître ni le valoriser, on le maintient dans son ombre tyrannisante et on le subit. En décidant de l’utiliser à bon escient, de le valoriser et le connecter à notre cœur, notre mental déploie tout son potentiel.



4 commentaires:

  1. Merci pour cet article très juste et très inspirant !

    RépondreSupprimer
  2. Je pense que tu confonds "le mental est mauvais" et "ne vivre que dans sa tête est mauvais"... je suis à 100% d'accord avec ce que tu dis plus haut, mais étant une personne douée/analytique/intelligente, j'ai tendance, je le sais bien, à négliger les autres dimensions de mon corps : le corps physique (respirer), le corps spirituel, le corps émotionnel...

    Même si, on est d'accord, le meilleur moniteur de l'émotionnel est le mental.

    Mais c'est surtout pour traduire, trop simplement bien sûr, le fait que nous avons confondu, dans une société cartésienne (je pense donc je suis maggle), la guidance et la spiritualité de notre existence avec le domaine mental. Dissocier les deux EST une gageure.

    Ca fée DES ANNEES que j'essaie de rétablir les territoires respectifs de mes différents corps, leurs valeurs, leur place, avec encore le corps physique à la dèche.

    Mon mental est désormais un allié, mais après avoir été un ennemi ouvert de ma spiritualité, et c'est une réalité quand tu passes de l'empire du doute (athéisme) à celui de la foi ! Confondre penser et être, confondre boss mental et guidance !!!
    C'est encore chaud parfois de ne pas me laisser dicter ma vie par mon Surmoi à la PLACE de mon Moi Supérieur/Âme. D'être magique au lieu de juste "pensante". De dé-hiérarchiser le Surmoi divinisé à outrance.

    P'tet que je suis l'exception, mais c'est un mal de notre société qui, avant d'être médiocre, est élitiste.

    En fait, je crois bien que ce que tu décris est un sentiment d'infériorité de l'émotionalité face à l'intellectualité... juste, d'ailleurs. Car QUELLE intelligence émotionnelle, de nos jours ?

    Cette impuissance intellectuelle des gens fortement émotionnels crée cette dévalorisation de l'intellect, comme si taper sur l'un (car l'un tape sur toi) permettait d'aider cet autre...

    Alors, un égo émotionnel ^^ ? Une conscience émotionnelle qui rage, qui jalouse ? Qui peine à trouver sa place ? Sûrement ^^...

    Nous apprenons à penser, mais pas à ressentir :/.

    La suprémacie du mental au détriment du corps, de la spiritualité et de l'émotion doit cesser, l'équilibre se trouver.

    Mieux vaut valoriser que l'inverse, ça aide plus.

    J'espère que j'ai pu t'éclairer (si besoin était) sur les raisons de cet état de fait. La suprémacie de l'intellect est effectivement un leg du patriarcat, mais n'oublions pas que le matriarcat avait instauré une toute-puissance de l'émotionnel, même si on l'a oublié... tout ça, ça vient pas d'nul part :p...

    Des gros bisous tout chaud, en attendant de pouvoir co-créer avec toi très bientôt, ou au bon moment, tout simplement ^p^

    <3 <3 <3

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Je pense qu'il y a deux phénomènes qui semblent différents mais qui nourrissent le même système:
      La communauté spirituelle qui réagit à contre-courant de la société qui rejette l'émotionnel et l'invisible. Elle rejette donc à son tour le mental et le diabolise au lieu de diaboliser le vrai oppresseur, celui qui a instrumentalisé le mental à la base.

      D'un autre côté, la société qui semble fonctionner toute en intelligence froide mais qui, quand on gratte, est assez petite bite en la matière. L'élitisme n'est pas un élitisme de celui qui aura le mental le plus fulgurant mais de celui qui sera bien né, dans le bon cercle, avec les bons potes. Fouttez quelqu'un de vraiment efficace mentalement dans tout ce bordel et la société prend peur. Elle a besoin de gens centrés dans un mental plafonné, de gens suffisamment intelligents pour comprendre ce qu'on leur demande de faire mais suffisamment ahuris pour ne pas trop se poser de questions et ne pas transgresser les strates des castes sociales. On prône l'intelligence alors que dès qu'un individu vraiment performant intellectuellement arrive, c'est la merde. Il suffit de regarder l'insertion sociale des surdoués. La société adore sa petite médiocrité et souhaite continuer à dysfonctionner tranquillou.

      Le mental réunit donc plusieurs aspects et selon moi, ils sont majoritairement en ombre. Pour la communauté spirituelle et pour la société mentale mais médiocre dans son approche avec un élitisme de surface qui récompense les petits copains mais pas forcément les gens qui ont apprivoisé leur mental comme il se doit.

      Quand au corps, encore un grand oublié! Toutes ces dissociations nous font mal. Mais ne nous flagellons pas trop de ne pas avoir tout réuni en parfaite osmose. Quand ça se sera arrivé, notre guidance se dire "c'est bon, elle a tout pigé, on remballe!" et ça sera la fin de tout ce cirque éprouvant mais passionnant ;)

      Supprimer
  3. Merciii !!!
    Oui, ça manque, dans la communauté spirituelle (je vais dire comme ça, ça va ?), ton discours !
    J'y pensais depuis longtemps : merciii beaucoup de l'avoir exprimé !
    Et puis c'est tellement ça, quand tu dis "Il est celui qui vous aide à survivre." Exact.

    D'ailleurs, concernant les "surdoués", j'ai remarqué que tous ont vécu des choses dures, difficiles à gérer. Ma théorie : les "potards", les "signaux d'alerte" sont restés allumés à cause du danger environnant, alors que la plupart des gens, dans leur cocon, ont éteint NON leur intelligence mais leur vigilance... alors que d'autres ont entretenu l'outil de la vigilance, "l'intelligence" comme un muscle... parfois hypertrophié et devenu difficile à utiliser, du coup, aussi, parfois !
    Pardon, je suis confuse dans mon expression...!

    En fait, cette dichotomie est tout à fait... fruit de notre société, encore une fois.
    Et si, la juste dose, c'était... l'équilibre (entre le corps, l'esprit, la spiritualité... mention à compléter !) ?
    En tout cas, merci (oui, pour la troisième fois !).

    Mel

    RépondreSupprimer