vendredi 6 janvier 2017

Le Pouvoir d'Utiliser la Négation



En cette période de passage à une nouvelle année calendaire, je trébuche sur tous les supports, tantôt inspirants tantôt anxiogènes, visant à planifier son année, se donner des objectifs, des « mots de pouvoir », des résolutions (en générales qualifiées de « bonnes »), … Et, comme en magie, on vous encourage à tout tourner en POSITIF et à ne jamais vous focaliser sur ce que vous ne voulez pas. On pourrait foutre ça sur le dos de la loi de l’attraction et se dire que se concentrer sur ce que l’on ne veut pas va attirer encore plus de cette merde dont on essaye de se débarrasser.

Je vais oser me mouiller dans des eaux un peu troubles : mais pourquoi fuir à ce point ce que l’on ne veut pas ? Pourquoi n’oser prononcer le nom que des choses positives, enjouées, créatives, exaltantes ? Je ne dis pas que porter son attention sur le positif est répréhensible, bien au contraire. Je pense simplement que c’est la voie la plus « simple » à vendre au grand public pour avancer dans le bon sens. C’est une formule « all inclusive » qui ne nécessite pas beaucoup d’explications. Vous vous concentrez sur le positif et BAM, vous êtes heureux !

Je ne suis pas contre cette méthode. Cependant, quand je me trouve à ces carrefours de réflexion, ces moments de bilan et de planification pour une nouvelle année, la première chose qui me vient naturellement, c’est tout ce dont je ne veux plus/pas. C’est plus fort que moi ! Alors, suis-je condamnée ? Vais-je attirer encore plus de ces choses qui m’entravent ? J’ose affirmer que non. Je pense qu’il y a plusieurs façons de manipuler l’énergie « négative ». Soit en la fuyant et en la rendant inconséquente ou dormante (c’est ce que l’on fait en se focalisant sur le positif… mais cette énergie dormante pourra revenir nous harceler plus tard…), en la grossissant et en la rendant incapacitante (le pire scénario car il empêche de s’émanciper et victimise ad vitam aeternam…) soit en tentant une autre approche que je vous propose aujourd’hui : Le Pouvoir d'Utiliser la Négation.

Prenons un exemple. J’ai un peu de mal à ne me focaliser que sur mon job de rêve et ne pas me dire à côté que « ce dont je ne veux surtout plus, c’est d’être emprisonnée dans le salariat ! ». Je pourrais très bien, au moment où j’émets ce vœu, être dans une énergie de misérabilisme, de peur, d’accablement, et, dans ce cas, attirer encore plus d’années d’esclavage salarial. Là, je serais dans la démarche la plus suicidaire. Je pourrais être dans une très bonne démarche, au contraire, en émettant des ondes de « liberté », « d’indépendance » et « d’entreprenariat » … J’essaye donc de faire ça mais mon troll intérieur (et il a de la gueule le bougre !) me vocifère en permanence « ouais, ouais, c’est bien mignon tout ça mais quand est-ce qu’on se débarrasse de ce p***** de salariat de mes ******** ?!!! ». Oui, mon troll intérieur est plutôt vulgaire. Que faire ? Ignorer mon troll, chantant « lalalala » tandis qu’il me collera aux baskets en râlant tout au long de cette nouvelle année ? Ou me retourner, l’écouter, lui fournir de l’empathie et accepter de ressentir une partie de ce qu’il ressent en y infusant une grosse dose de pouvoir personnel ! Mon troll ne veut plus aller bosser pour un patron. C’est d’ailleurs à cause de lui que je n’ai pas de motivation pour me lever le matin et aller gagner ma pitance… Ca ne serait pas très sympa de ma part d’ignorer une partie de moi qui a un point de vue aussi tranché et aussi définitif, lui préférant mon côté léger et rêveur. Je peux écouter TOUTES les parties de moi.  


Attention à ne pas « peindre les roses en rouge »  ou la vie en rose aveuglément… Certains y ont perdu la tête… (carte extraite du Beautiful Creatures Tarot)

Voilà comment je fonctionne. J’ose clamer ce dont je ne veux plus sans laisser ces notions me tyranniser. A la place, je les regarde bien en face, je les visualise de plus en plus petites et leur signifie que je prendrai bientôt congé d’elles. Ainsi, je leur rappelle qui est la chef. Avec fermeté, l’esprit parfaitement détendu, la certitude chevillée au corps. Je ne mets pas ces notions dans l’obscur placard de l’omission et du tabou, placard dans lequel elles ne manqueraient pas de grandir jusqu’à devenir des monstres démesurés prêts à me fondre dessus à la première rechute de motivation de ma part. Le fait d’utiliser la négation et de la maîtriser fait de moi un être deux fois plus conscient et puissant sur mon chemin de réalisation personnelle. Parce que j’assume. J’affronte. Et j’ose guérir ce qui est moche et inconfortable au fur et à mesure. Je ne choisis pas le raccourci vers la lumière. Je balaye tranquillement sur la route la plus longue mais également la plus sûre. Je n’ai pas peur de mes propres paroles, contrairement à ces gens qui vous reprennent dès que vous prononcez une formule trop négative en invoquant que « la parole est créatrice » avec un regard mi-effrayé, mi-effaré. Non ! Ce sont des foutaises ! L’intention est créatrice ! Et je m’applique à mettre l’intention créatrice là où il se doit dans mon propre discours. Je ne subis pas mon propre langage. J’en suis la détentrice et l’exécutrice. Et je considère qu’oser dire « je veux » et « je ne veux pas » donne deux fois plus de pouvoir sur sa réalité que de dire « je veux » et de continuer à nier, avoir peur et fuir.

Ne pas oser utiliser la négation, c’est se soumettre à elle en la voyant comme menaçante et plus forte que soi. C’est lui donner encore plus de pouvoir et de prestance. Personnellement, je la nomme, je l’utilise et je n’ai certainement pas peur d’elle. 



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