jeudi 13 octobre 2016

Panthéon Personnel : Mon Aphrodite



Je suis en général plutôt dans le lâcher-prise en ce qui concerne les invitations que m’envoient les divinités pour les suivre. Je laisse venir. Je ne cherche à rien forcer. En revanche, j’avoue avoir eu quelques réticences et a priori un peu stupides par le passé concernant certaines déités. Aphrodite décroche sans doute le pompon de mes réticences les plus caricaturales. J’avais une vision bien négative de cette Déesse avant qu’elle ne m’envoie son RSVP par rêve. Moi qui travaillais de près avec les thèmes de l’ombre, de la rébellion, de la mort et de la mystique, je trouvais que représenter la beauté et l’amour était le summum du mièvre, du cucu la praline, de la superficialité et j’en passe… J’avais une idée bien fausse de qui Elle était ! Je me figurais qu’Aphrodite était une douce ingénue tout amour et lumière, un brin nymphomane sans la moindre profondeur intellectuelle. Déjà au collège, en étudiant le panthéon grecque, toute gémeaux que j’étais, je lui préférais Athéna, glorieuse et fine stratège. Ironie du sort, c’est Aphrodite qui est venue pour moi. Et la Dame sait se montrer persuasive !

REVOIR SA VISION DE L’AMOUR

La chose qui m’a frappée avec cette Déesse, c’est son aspect dark ! Jamais je n’aurais imaginé une présence si lourde et porteuse de « dangerosité ». J’ai vite dû revoir ma vision de l’amour. L’amour n’est pas léger. Ce n’est pas cui-cui les petits oiseaux. Ce n’est pas une notion que l’on balaye du revers de la main en sifflotant. Pour mesurer le sérieux de cette notion d’amour, demandez-vous : « jusqu’où irais-je par amour ? Si l’on blesse ceux que j’aime ? Si l’on me prive de tout ce que j’aime ? A quel point ai-je pu me perdre au nom de l’amour ? ». Et la réponse à ces questions vous confrontera aux choses les plus noires et destructrices qui se trouvent en vous. Par amour, on est capable du pire et du meilleur, de tout et n’importe quoi. Quelqu’un qui n’a plus rien à aimer est une grenade dégoupillée. Quelqu’un qui aime jusqu’à l’obsession est un danger notoire. L’amour est la force la plus indomptable, la plus sauvage, la plus implacable et arbitraire qui existe. On « tombe » amoureux. On apprend à aimer des familles qui ne nous le rendent pas toujours. On peine à s’aimer soi-même. L’amour est souverain et nous ne le maîtriserons jamais. En ce sens, Aphrodite est toute puissante et redoutable. Elle peut tout nous donner et tout nous reprendre. Elle porte en elle nos plus grands potentiels de bonheur et de souffrance. De sa main persuasive, elle peut nous rendre extatiques, désespérés ou fous. Et le pire, c’est qu’elle fait tout ça avec un flegme impérieux, donnant l’impression de s’en foutre royalement. La vérité, c’est qu’elle nous challenge sans cesse à vivre l’amour sainement et à ne pas le confondre avec nos constructions mentales moisies. Elle nous encourage et nous prépare à accueillir l’amour plutôt que d’y résister bêtement ou d’essayer, en vain, de le contrôler. Elle nous rappelle sans cesse sa toute-puissance car personne ne peut échapper à l’influence de cette Déesse…

UNE FORCE INSOUCIANTE ET DECOMPLEXEE

Aphrodite est pour moi celle qui danse et m’incite à danser ma vie. Elle ne me tient pas de longs discours assommants en me tirant une tronche sérieuse et grave. Elle ne tient pas en place. Elle tournoie, elle est en mouvement. Elle invite à suivre son cœur dans tout ce que cela peut avoir de plus effrayant. Elle porte en elle une insouciance désarmante mais pas sans conséquence. Et ces conséquences sont parfaitement connues d’Aphrodite qui assume tout et nous défie d’en faire de même. Elle nous rattache à notre part culottée, à notre instinct et à notre corps. Elle nous encourage à rire, à nous foutre de ce qui importe peu, à nous placer au-dessus de la laideur et à vibrer. Danser, vibrer, s’aimer et aimer sa vie. Voilà l’essence d’Aphrodite.

UNE GUIDE QUI RECONCILIE LE CORPS ET LE CŒUR

Elle fait partie de ma triade de divinités qui m’accompagnent sur les questions du corps. Et comment citer Aphrodite sans citer le corps, la vraie beauté, la sexualité et le plaisir ? Elle apporte une puissante guérison sur ces notions. Elle est extrêmement terrestre, sensuelle, tangible. Elle est dans chacune de nos assiettes préparées avec amour, dans chaque création artistique, dans chaque main qui nous touche avec volupté, dans chaque moment de détente corporelle. Elle est le corps de la femme, de l’Impératrice, de la mère qui nourrit. Elle est celle qui n’impose aucun diktat, celle qui détourne le regard avec dédain face aux absurdités que l’on tente d’imposer aux corps des femmes. Elle est l’ennemie du modèle standard et l’amoureuse de ce qui nous rend uniques. Elle est à la fois la création et le plaisir de la contemplation. Elle abhorre la contrainte et la restriction et célèbre tout ce qui est fait avec joie et panache.

L’AMOUR D’UNE MERE

Aphrodite a su appuyer sans l’air de rien sur ma plus grande blessure : ma blessure d’amour maternel. Elle a retourné les tables et m’a sortie de mon rôle d’enfant éternellement mal aimée. Portant en elle toutes les énergies d’amour, elle incarne l’amour maternel à la perfection. Au lieu de me servir de mère, ce qu’aucune divinité n’a véritablement cherché à faire jusqu’ici, elle m’a placée moi dans ce rôle. Et elle m’a montré que l’amour de mère que j’ai cherché toute ma vie était en moi depuis le début. Je suis la mère. Je suis l’amour qui manquait. Je suis celle que j’ai longtemps cherchée dans le regard d’une autre. Et en incarnant ma plus grande force d’amour, celle de la mère, je réponds plus que jamais à l’appel d’Aphrodite.


Carte extraite du Mythic Oracle 

Ma vidéo sur Aphrodite:






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