jeudi 12 juin 2014

Spiritualité 1 - Religion 0

A l’idée de rédiger cet article, je me voyais déjà brûlée vive sur un bûcher, ayant réveillé les inimitiés les plus féroces, piétiné les certitudes les plus inébranlables, involontairement jugé les pratiques les plus ancrées. Mais pourquoi tant d’angoisse, chers lecteurs ? Je vais vous le dire : à cause de la bombe « R ».

Alors, désamorçons immédiatement cette capricieuse amie qui fait rageusement « tic tac » dès que quelqu’un engage une conversation sur le thème de la spiritualité : LA SPIRITUALITÉ N’EST PAS LA RELIGION.

Je suis intimement convaincue que l’on peut tout à fait avoir une recherche spirituelle sans appartenir à quelque religion que ce soit. Tout comme il est possible d’adhérer à une religion sans avoir nécessairement une démarche spirituelle. Ce qui m’intéresse personnellement, c’est la Spiritualité avec un grand « S ». Cette notion m’enchante. Elle me donne envie de plonger le nez des heures durant dans des lectures improbables. Ma quête et mes questionnements spirituels m’ont amenée à découvrir des domaines passionnants qui enrichissent aujourd’hui ma vie au quotidien comme la cartomancie, la méditation, les runes,…

Spiritualités au pluriel

Il semble exister deux notions assez différentes de la spiritualité. Celle qui raisonne en moi fait référence à ce qui relève de l’esprit. L’autre définit la spiritualité comme ce qui est relié à… la religion. BAM ! A quoi bon avoir désamorcé cette satanée bombe auparavant, me direz-vous ? Parce qu’il semble, à mon humble avis, s’agir ici d’un vulgaire pétard mouillé, si vous acceptez gracieusement de me pardonner cet excès de zèle. Amalgamer spiritualité et religion ? Je choisis, à vrai dire, de réfuter cette vision, que je trouve simpliste et fausse. La spiritualité se suffit à elle-même et n’a pas absolument besoin d’un cadre religieux pour exister. Et si un cadre religieux vient s’y greffer, là est votre choix, votre chemin, votre conviction personnelle. Mais l’étincelle spirituelle ne s’éteint pas sans validation religieuse. Loin de là.

Chez moi, la religieuse est un gâteau

J’ai un aveu à vous faire. La religion me terrifie. Même si la religion en soi n’est pas à blâmer. J’ai plutôt peur des organisations religieuses, des églises, des hommes. Ce que les hommes font de la religion. Je suis pourtant fascinée par les textes, l’art, l’architecture, accouchés par la seule force de ce mot presque tabou à mes oreilles : religion… Loin de moi l’idée pourtant de jeter le petit Jésus avec l’eau du bain ! J’ai autrefois eu une éducation religieuse, suis allée à l’église et ai côtoyé des personnes de différentes confessions, personnes qui ne se sont pas toutes révélées être des tyrans sectaires assoiffés du sang de ceux qui ne partageaient pas leurs points de vue… Alors pourquoi cette terreur ? En vérité, j’ai peur des simples humains qui, sous l’effet de leurs certitudes inébranlables, rejettent catégoriquement toute autre vérité que la leur. J’ai peur des modestes êtres faits de chair et de sang qui brandissent leur religion, leurs textes, leurs lois, pour justifier leur rejet de l’autre. J’ai peur de ces semblables qui vous condamnent pour ce que vous avez dans le cœur et dans l’âme et qui s’acharneront pour vous faire  « rentrer dans le droit chemin » jusqu’à leur dernier souffle. J’ai peur du moment où la foi se transforme en motif de division en somme. J’ai peur, mais heureusement je me soigne ! (« Bonjour, je m’appelle Iria et j’ai peur de la religion. »… « BONJOUR IRIAAA ! »…)

Et pourquoi pas ?

Quel bonheur, en revanche, de partager ses idées avec quelqu’un qui verra le monde autrement mais respectera votre différence, que ce cher interlocuteur verse dans un courant religieux ou non. Si je crois en la réincarnation et que ce n’est pas votre cas, voyons notre échange comme une chance mutuelle. Un don spirituel, de pouvoir imaginer notre réalité autrement, voir la vie à travers les yeux d’un autre, mettre en doute, sans cesse, nos convictions qui ne sont que le fruit de nos cerveaux humains et limités. Selon moi, aucun homme ne peut se prévaloir de la Vérité, seule et unique, absolue. Je ris à l’avance en pensant au moment crucial où, tirant ma révérence dans ce monde, je découvrirai avec ahurissement dans le prochain à quel point mes convictions étaient erronées, le doigt enfoncé dans l'œil des années durant avec dextérité et panache. La spiritualité, c’est avant tout être humble et chercher à s’améliorer sans cesse. Etre la meilleure version de soi-même grâce à notre cheminement. S’accomplir, se tromper, se réaliser, chercher… Et pourquoi ne pas être son propre Dieu ? Ou croire en un panthéon entier oublié depuis des siècles ? Pourquoi uniquement des Dieux d’ailleurs ? Pourquoi pas des lutins ou des fées ? Ou des anges ? Qu’ils soient petits, grands, ailés, tout nus ou richement drapés, bienveillants ou sarcastiques ?…  Et pourquoi pas ?...

Le bric-à-brac spirituel  


En illustration, si on vous demande de citer un objet que vous rattachez à la spiritualité, que répondrez-vous ? Un livre sacré ? Un symbole religieux ? Une statuette de saint ? Dans mon esprit, le mot spiritualité fait exploser hors de mon imaginaire des cartes de tarot, des cristaux de quartz, des chansons de rock, des lueurs de bougie, des effluves d’encens, la lune pleine et lumineuse, des représentations de divinités païennes… La spiritualité n’est pas guindée. Elle n’est pas limitative. Elle n’a pas de loi, pas de carcan. Elle accepte toutes vos idées les plus folles, les plus fantaisistes et fantasques, à partir du moment où vous vivez ces idées avec sincérité. Essayez et vous verrez.


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